Le 26 janvier 2014, témoignages de solidarité

En 2011, les évêques de France ont lancé un appel à remettre le service de la charité au cœur de la vie des chrétiens. « Diaconia 2013 – Servons la Fraternité !» a clôt une démarche progressive, étalée sur trois ans, élargissant la responsabilité du service des frères à tous les membres de l’Église.
Un des objectifs majeurs est que les communautés vivent dans la réciprocité, la fraternité et l’espérance avec les personnes en situation de fragilité, qu’elles soient proches ou lointaines.
La paroisse de Saint-Jean de Montmartre a décidé de s’inscrire pleinement
dans cette démarche, persuadée que le soutien mutuel que nous pouvons nous apporter en humanité n’est pas une conséquence de la foi que nous professons, mais son noyau vivant.

Pour illustrer les engagements solidaires qui peuvent être vécus dans notre paroisse, le Conseil Pastoral paroissial a demandé
– à deux participantes au rassemblement de Diaconia 2013 à Lourdes de témoigner de cette expérience
– à une paroissienne de nous parler de son engagement personnel dans son milieu professionnel.
voici ces témoignages :

Deux paroissiennes de Saint-Jean se sont rendues à Lourdes avec 13 000 autres
personnes dans le cadre de Diacona 2013. Voici ce qu’elles rapportent :

« Ouvrez les portes. Dieu est pour tous». Ces mots tagués sur la porte d’une
église fermée et rapportés par l’un des participants ont inauguré ce Diacona
2013 et ils auraient pu être la devise de ce rassemblement où personne n’a été
exclu et où on ne distinguait pas les aidants des aidés, lesquels étaient au nombre
de 3500.
A la suite de son immersion dans la piscine, précédée d’une prière fervente, l’un
des accompagnés, qui était venu là sans véritable conviction, nous a fait part de
son émerveillement en ces termes : «Je me suis senti plongé dans du diamant,
éclaboussé par ses gouttelettes. C’était comme un feu d’artifice. J’en suis sorti
réchauffé et lavé comme neuf.» L’image fait écho à la remarque de l’un des 86
évêques présents : « Dieu est un diamant à facettes.»
Cette expérience vécue dans le cadre de Diacona nous a apporté la preuve qu’il
existait une multitude de chrétiens qui œuvrent sans bruit au sein d’une quantité
d’ateliers pour manifester leur solidarité à ceux qui en ont besoin. Loin de la
désespérance et de la morosité des informations transmises par les médias, c’est
à travers leur action que s’exprime la joie de l’Evangile

Le Conseil Pastoral m’a demandé d’apporter mon témoignage dans le cadre de cette messe de la solidarité à laquelle, en dernière minute, je ne peux assister.
Témoignage de solidarité dans mon travail d’avocate. Je n’avais pas analysé comme cela ma démarche auprès des personnes sourdes pour leur donner un plus grand accès au droit et un accueil plus adapté auprès des tribunaux. Comme beaucoup de chrétiens dans leur vie de tous les jours et dans leur travail, j’ai agi sans revendiquer un quelconque combat de solidarité. Pour moi c’était et c’est encore une évidence que c’est mon chemin de vie.
La surdité est arrivée dans notre famille avec notre troisième enfant. Après un temps de deuil normal de l’enfant parfait, il nous a semblé naturel à mon mari et à moi qui sommes avocats, de faire une sorte d’état des lieux de la surdité dans notre profession. C’était plutôt triste. Mais l’époque était porteuse d’un regard différent sur les personnes sourdes avec le succès du film «Les enfants du silence»
Il y a eu ensuite en 1989 l’exposition pour le bicentenaire de la mort de l’Abbé de l’Épée qui avait créé vers 1760 l’enseignement des enfants sourds pour la première fois dans leur langue, la langue des signes. Cette langue se faisait de plus en plus
connaître. En tant qu ’avocats, nos interventions concrètes et répétées à tous niveaux, du commissariat de police au ministère de la justice, ont permis «une écoute des sourds» et peu à peu une évolution non seulement des mentalités mais aussi de la loi.
Nous continuons à être vigilants et à intervenir car les acquis sont toujours fragiles.
Nous continuons à sensibiliser nos confrères et les magistrats.
Et il y a encore un grand travail à faire dans le cadre de la prison car une personne sourde y est doublement emprisonnée.
Voilà notre chemin de solidarité mais je sais que nous n’avons pu aboutir à des résultats concrets que parce que d’autres personnes chrétiennes ou non
se sont jointes à nous.

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