Carême 2014 : prière autour des psaumes

Prier à St Jean ;
Prières autour des psaumes

Pour le carême 2014, le Conseil pastoral vous propose cinq rencontres de prière autour des psaumes. Ce temps de prière d’une heure, chaque semaine,
est comme un pèlerinage, un « pas à pas » en communauté. Vous pouvez participer aux cinq rencontres, cinq semaines de suite, ou bien faire une expérience plus espacée, voire unique.

Dates et psaumes proposés pour le temps de prière :

 Mercredi 12 mars : Ps 32 (Hymne à la providence)
 Mercredi 19 mars : Ps 94 (Venez, crions de joie pour le Seigneur)
 Mercredi 26 mars : Ps 22 (Le Seigneur est mon berger)
 Mercredi 2 avril : Ps 129 (Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur)
 Mercredi 9 avril : Ps 21 (Mon Dieu pourquoi m’a tu abandonné ?)

 Les psaumes retenus sont ceux des dimanches qui suivent les mercredis indiqués, afin que ce temps de prière en communauté ait des retombées dans nos célébrations dominicales.

 Chaque mercredi, de 19H30 à 20H30, à la chapelle, (dans le fond de l’église, à droite) la rencontre sera l’occasion d’une prière alternativement personnelle et communautaire.

 Chaque rencontre sera « guidée » par une personne du conseil pastoral qui vous remettra un feuillet reprenant les différents temps de la prière, le texte du psaume et les références musicales.

 La chapelle sera chauffée !

Nous sommes tous invités à entrer dans cette expérience de prière.

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Mercredi 12 mars 2014 – Psaume 32 (Hymne à la providence)

C’est un psaume de louange, dont le thème majeur est celui du peuple d’Israël, peuple élu de Dieu. Il expose la joie à ses deux extrémités et dans des tonalités différentes.
« Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes » exprime une action de grâce communautaire tout extérieure et bruyante tandis que « La joie de notre cœur vient de Lui », utilisant un terme distinct, manifeste un sentiment tout intérieur de confiance.
Comme si la personne qui prie, faisait suivre sa participation à la liturgie, d’une méditation personnelle. La raison d’être de la joie : C’est la parole de Dieu qui crée « Que la lumière soit : et la lumière fut » (Gn1, 3) et le souffle de Dieu qui anime le cosmos.
On peut voir ici un prologue à la révélation de la Trinité dans laquelle le Fils est la Parole et l’Esprit Saint, le Souffle de Dieu : « Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l’univers par le souffle de sa bouche. »
Crier, rendre grâce, jouer d’un instrument, glorifier sont des activités proposées par le psaume. Nous sommes invités à contempler la beauté des projets de Dieu dans notre vie et à agir dans une confiance pleine de joie intérieure.

1 Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes!
Hommes droits, à vous la louange!
2 Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.
3 Chantez-lui le cantique nouveau,
de tout votre art soutenez l’ovation.
4 Oui, elle est droite, la parole du Seigneur;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
5 Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.
6 Le Seigneur a fait les cieux par sa parole,
l’univers, par le souffle de sa bouche.
7 Il amasse, il retient l’eau des mers ;
les océans, il les garde en réserve.
8 Que la crainte du Seigneur saisisse la terre,
que tremblent devant lui les habitants du monde!
9 Il parla, et ce qu’il dit exista ;
il commanda, et ce qu’il dit survint.
10 Le Seigneur a déjoué les plans des nations, anéanti les projets des peuples.
11 le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d’âge en âge.
12 Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine!
13 Du haut des cieux, le Seigneur regarde :
il voit la race des hommes.
14 Du lieu qu’il habite, il observe
tous les habitants de la terre,
15 lui qui forme le cœur de chacun,
qui pénètre toutes leurs actions,
16 Le salut d’un roi n’est pas dans son armée,
ni la victoire d’un guerrier, dans sa force.
17 Illusion que des chevaux pour la victoire :
une armée ne donne pas le salut.
18 Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
19 pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
20 Nous attendons notre vie du Seigneur :
Il est pour nous un appui, un bouclier.
21 La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son Nom très saint.
22 Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi!

Références musicales :
– Improvisation sur le chant « Qui habitera dans ta maison, Seigneur »
– “Ah, demeure près de nous, Seigneur Jésus » Marcel Dupré
– « Gloire à Dieu au Plus Haut des Cieux » Friedrich Wilhelm Zachau
– « En mon Dieu aimé » Marcel Dupré
– « Seigneur Dieu, maintenant ouvre-moi le ciel » Johann Sebastian Bach

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Mercredi 19 mars 2014 – Psaume 95

Ce psaume a une grande importance dans la tradition de l’Eglise : il fut un temps où il était proposé comme le psaume à chanter en premier, tous les jours, dans la liturgie des Heures (le bréviaire). Il commence par une adoration joyeuse de Dieu. Il nous invite à louer Dieu pour ce qu’il est : le rocher qui nous sauve (Dieu, c’est du solide !) le créateur de toute chose où que la vue porte.
Mais il est aussi notre Dieu, MON Dieu, avec qui chacun d’entre nous a une relation personnelle : sur moi, il veille.
En rappelant la querelle (« Mériba » en hébreu) du peuple contre Moïse et contre Dieu alors qu’il était dans l’épreuve (« Massa ») dans le désert après la traversée de la Mer Rouge, le psaume nous invite à nous interroger sur nos réactions quand notre foi est mise à l’épreuve. Sommes-nous plutôt dans la révolte contre Dieu et nos frères ou dans la confiance en sa bonté et sa fidélité ? La marche avec le Père dans la confiance ne serait-elle pas la condition pour notre paix et notre repos ?

Antienne : Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur
1 Venez ! crions de joie pour le Seigneur,
acclamons le rocher qui nous sauve ;
2 présentons-nous devant lui en rendant grâce,
acclamons-le avec des hymnes.
3 Car le Seigneur est le grand Dieu,
le grand roi au-dessus de tous les dieux.
4 Il tient dans sa main les gouffres de la terre ;
les crêtes des montagnes sont à lui.
5 A lui la mer, c’est lui qui l’a faite,
et les continents que ses mains ont formés !
6 Entrez ! allons nous incliner, nous prosterner ;
à genoux devant le Seigneur qui nous a faits !
7 Car il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il fait paître,
le troupeau qu’il garde.
Aujourd’hui, pourvu que vous obéissiez à sa voix !
8 Ne durcissez pas votre cœur comme à Mériba,
comme au jour de Massa dans le désert,
9 où vos pères m’ont défié et mis à l’épreuve,
alors qu’ils m’avaient vu à œuvre.
10 Pendant quarante ans cette génération m’a écœuré,
et j’ai dit : ” C’est un peuple à l’esprit égaré ;
ils ne connaissent pas mes chemins. ”
11 Alors, dans ma colère, je l’ai juré :
” Non, ils n’entreront pas dans mon lieu de repos ! ”

Jésus, toi qui a promis d’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient,
Ô Dieu, pour porter au monde ton feu, voici l’offrande de nos vies.
Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais, ne s’éteint jamais.

Références musicales :
« Jésus, ma joie » (Johann Gottfried Walther) ; « Nous devons louer le Christ » (Samuel Scheidt) ; « Le jour qui est plein de joie » (Marcel Dupré) ; « Le jour magnifique est apparu » (Johann Gottfried Walther)

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Mercredi 26 mars 2014 : Psaume 22]

Le psaume 22 figure parmi les ‘psaumes de confiance’. Il témoigne en effet d’une foi pleine et entière dans le Seigneur, comparé à un berger, à un pasteur, dont le bâton est le signe de ralliement. Le verset « Je ne crains aucun mal car tu es avec moi » résume parfaitement l’esprit de ce psaume, son essence même. A rapprocher de l’évangile de Jean, dans lequel Jésus est ce berger qui prend soin de son troupeau : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le berger donne sa vie pour ses brebis. » Celui qui prie parle de Dieu, puis à Dieu. Pour l’être humain, le seul bien est le don de Dieu qui lui assure de ne manquer de rien. Au dernier verset, la référence à la « maison du Seigneur » peut s’interpréter comme une allusion à l’au-delà. Ce psaume est empreint d’un ton bucolique qui rappelle que le peuple juif formait alors une société pastorale.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis.
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours

Chants :

Veillez et priez dans l’attente du jour. Veillez et priez au secret de l’amour.

N’aie pas peur, laisse-toi regarder par le Christ. Laisse-toi regarder car il t’aime.

Il est l’agneau et le pasteur. Il est le roi, le serviteur.

Accompagnement musical :

« Christ, Agneau de Dieu » M. Dupré. « Jésus ma confiance », J.S. Bach. « O innocent Agneau de Dieu » J. Pachelbel. « Celui qui se laisse guider par le Dieu bien-aimé » J.S. Bach

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Mercredi 2 avril Psaume 130 ( des profondeurs je t’appelle, Seigneur)

Souvent appelé par son nom en latin (de profundis), le psaume 130 est l’un des quinze « chants des montées ». Probablement composé pendant l’exil à Babylone, on pense qu’il est emprunté au répertoire des pèlerins qui montaient à Jérusalem, notamment pour les grandes fêtes. Il est le sixième des sept psaumes adoptés dans les liturgies chrétiennes pour former le « psautier de pénitence ». Il est utilisé lors des cérémonies funéraires. Divisé en quatre parties le psaume va du désarroi le plus profond à la confiance d’être racheté : du plus profond de son désespoir, l’homme demande le pardon de ses péchés : « des profondeurs je t’appelle, Seigneur » On peut penser qu’il s’agit comme dans d’autres textes d’eaux profondes, d’abîmes, symbolisant la détresse et la douleur (prière de Jonas : « tu m’as jeté au cœur des mers »). On ressent un profond désarroi. Comme Dieu fait passer la grâce avant le droit, il exige de l’homme la crainte de Dieu, la vraie piété. L’homme implore la miséricorde. On passe de l’imploration personnelle à l’imploration collective (le peuple d’Israël) L’homme espère et a confiance en la miséricorde de Dieu : celui qui se repent voit ses fautes et ses péchés pardonnés. Le désir de Dieu est clairement exprimé. A nouveau, on passe de l’expression personnelle à l’expression collective. L’espoir d’un rachat grandit et à nouveau le peuple est encouragé à avoir confiance en la miséricorde de Dieu : il sera racheté.

REFRAIN : Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance.

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière
Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne
J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.
Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

Références musicales :
Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais, qui ne s’éteint jamais
Psaume 130 (musique de Dominique RIGALDO)
Ouvrez tous ces verrous fermés, l’espoir a franchi les frontières. Laissez vos peurs au cimetière, c’est aujourd’hui le temps d’aimer.
Des profondeurs de l’abîme je crie vers toi (BWV 687 de Jean-Sébastien Bach)
De profundis clamavi (Michel-Richard de Lalande)
Des profondeurs je crie vers toi (Wolfgang Amadeus Mozart)
Je crie vers toi seigneur Jésus Christ (BWV 639 de Jean Sébastien Bach)

Il est à noter que, depuis la Renaissance jusqu’à nos jours, ce psaume a inspiré de fort nombreux musiciens, notamment : Marc-Antoine Charpentier, Haendel, Mozart, Mendelssohn, Liszt, Purcell, de Lalande, Gluck, Honegger, Lili Boulanger… Des concerts entiers lui ont même été consacrés, notamment à Munich en 2004.

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Mercredi 9 avril 2014 : psaume 21

Ce psaume est aussi appelé psaume du serviteur souffrant. Les chrétiens appliquent ce psaume à la Passion de Jésus-Christ, dont ils voient une description fidèle. C’est aussi le début de ce psaume que Jésus crie peu avant de mourir sur la croix : « Eloï, Eloï, lama sabactani? », qui signifie en araméen « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».
Que s’est-il passé ? À quoi tient ce renversement complet, dans l’esprit du psalmiste, de l’extrême déréliction à la joie ? De la conviction d’être abandonné à la certitude d’une présence. De la lamentation à la louange. Est-ce un miracle ? Le rétablissement d’une situation désespérée par l’irruption soudaine d’un salut ? Sans doute. Mais de quelle nature est ce salut et en quoi peut-il concerner tout homme qui, du milieu d’une situation difficile dont il ne peut s’extraire, engage sa prière dans les mots du psalmiste ?

Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ?
Le salut est loin de moi,
loin des mots que je rugis.

Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ;
même la nuit, je n’ai pas de repos.

Toi, pourtant, tu es saint,
toi qui habites les hymnes d’Israël !
C’est en toi que nos pères espéraient,
ils espéraient et tu les délivrais.
Quand ils criaient vers toi, ils échappaient ;
en toi ils espéraient et n’étaient pas déçus.

C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère,
qui m’a mis en sûreté entre ses bras.
A toi je fus confié dès ma naissance ;
dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.

Ne sois pas loin : l’angoisse est proche,
je n’ai personne pour m’aider.
Des fauves nombreux me cernent,
des taureaux de Basan m’encerclent.
Des lions qui déchirent et rugissent
ouvrent leur gueule contre moi.

Tu me mènes à la poussière de la mort.

Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !
Préserve ma vie de l’épée,
arrache-moi aux griffes du chien ;
sauve-moi de la gueule du lion
et de la corne des buffles.
Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;
devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :
« A vous, toujours, la vie et la joie ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son œuvre !

Références musicales :
– En toi j’ai espéré seigneur, aide-moi / BWV 640 de Jean Sébastien Bach
– Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné /Félix Mendelssohn Bartholdi
– Délivre-moi Seigneur /Gabriel Fauré
– Quand nous sommes dans l’extrême détresse / BWV 641 de Jean Sébastien Bach
– Aie pitié de Jean-Sébastien Bach (Erbarm dich) BWV 244
– Jésus ma joie (Jesus meine freude)/ BWV 147 de Jean Sébastien Bach

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