réflexions pour le synode sur la famille

Synode des familles – Contribution de la paroisse Saint Jean de Montmartre :

Cette contribution est constituée de trois textes très différents émanant de trois groupes qui ont réfléchi chacun à une problématique différente :

– Le groupe de préparation au mariage et au baptême des petits enfants
– Le groupe des personnes divorcées/divorcées-remariées
– Le troisième texte a été écrit par un groupe de paroissiens qui se sont réunis à la suite d’un temps de réflexion de l’ensemble de la communauté lors d’une messe dominicale.

En tout, outre la communauté paroissiale rassemblée le dimanche, 25 personnes environ ont réfléchi à ces textes.

_____

Groupe « accompagnement des jeunes couples pour la préparation aux mariages et aux baptêmes :

Les couples rencontrés lors des préparations au mariage vivent ensemble souvent depuis quelques années, certains sont mariés civilement depuis plus ou moins longtemps. Certains également ont déjà des enfants. Leur rapport à l’Eglise est souvent ancien, peu ou pas de contact récent. Ce rapport renvoie à l’enfance, à des souvenirs, à des valeurs. Même s’ils viennent de familles pratiquantes et souvent d’écoles privées, Il n’y a pas eu grand-chose après. Assez souvent un membre du couple n’est pas baptisé ou n’a reçu aucune formation religieuse.
Au présent, la relation avec l’Eglise est principalement ressentie comme une émotion intériorisée, un intérêt pour les valeurs qu’ils veulent transmettre à leurs enfants. Quant au Christ …

Pour tenir compte de leur manque de formation religieuse, nous leur proposons, avant la préparation au mariage proprement dite, une réflexion sur le Christ et l’Eglise et une participation à la vie de la communauté rassemblée pour la messe le dimanche, donc une soirée et un dimanche entier.
Nous n’avons pas forcément les moyens humains de proposer une préparation plus substantielle qui par ailleurs risquerait d’être trop lourde et donc décourageante pour les intéressés.

Certains, malgré toute leur bonne volonté, sont tellement éloignés, qu’ils ne comprennent pas vraiment ce que signifie le sacrement de mariage. Ne pourrait-on pas réfléchir pour ces couples à une célébration à l’église qui ne soit pas sacramentelle ?

Le texte du Synode met l’accent sur « l’accompagnement des premières années de la vie conjugale ».
De multiples propositions ont été expérimentées pour l’accompagnement des jeunes couples sans que le succès soit au rendez-vous. Les couples se disent souvent intéressés mais très sollicités par les multiples possibilités qui s’offrent à eux et très pris par leur travail, peu donnent suite. En effet, la sociologie de ce quartier fait que les couples ont généralement des professions et des salaires de haut niveau leur ouvrant des possibilités multiples de loisirs, voyages, etc … mais en corolaire des horaires de travail à rallonge.
Dans nos propositions pastorales, il faut se rappeler également que beaucoup de couples nouvellement mariés à l’église ne sont ni si jeunes, ni au début de leur vie conjugale.

Les couples accompagnateurs insistent sur leur difficulté à comprendre les règles de l’Eglise sur les situations matrimoniales, notamment en matière de validité des mariages pour les baptisés, les non-baptisés …
Autre question : quel message de l’Eglise sur la fécondité des couples qui ne se réduit pas à faire des enfants ?

Groupe des divorcés et divorcés remariés :

La problématique des divorcés, divorcés remariés est une situation de souffrance réelle au sein des baptisés, qui veulent continuer sur le chemin de la foi. Elle nous entoure au quotidien. Aussi permettez-nous de vous adresser cette série de questions pour que cette réalité vous soit plus proche, afin que ce dialogue amène l’Eglise vers plus de miséricorde.
La discipline de l’Eglise concernant les sacrements n’empêche pas les couples chrétiens de divorcer. L’exemple des générations précédentes nous montre que ce genre d’interdiction a provoqué des tragédies au niveau des enfants, des conjoints. Et si certains ont divorcés à l’époque, ils ont enduré la honte et le rejet de tous.
L’Eglise semble cautionner le faux semblant, ceux qui semblent être dans les clous et mènent une vie mensongère. Difficile à accepter lorsqu’on a de surcroit une tâche éducative.

Accepteriez-vous …
– de vivre avec la maitresse / amant de votre conjoint et éventuellement le(s) enfants
issu(s) de leur relation ?
– d’être battu(e) ?
– d’être humilié(e) devant les enfants?
– de voir vos enfants détruits psychologiquement ?
– de devoir payer les dettes des frasques du conjoint volage ?
– Pensez-vous que cela soit éducatif / structurant pour les enfants ? Est-ce que ce n‘est pas tronquer les repères en les cautionnant ?
– Est ce que leur foi peut grandir dans le mensonge ?
– Que ressentiriez-vous si vous étiez rejetés non seulement par votre conjoint, par la société mais aussi par l’Eglise ?

– Trouvez vous normal que la discipline s’applique indifféremment à tous, tels que celui(celle) qui a été abandonné(e), qui a dû partir suite à une maltraitance, qui n’a pas divorcé (célibataire ou veuf) mais épouse un divorcé ?

– Pourquoi traiter lors d’un divorce, les 2 parties de la même façon ? Parfois on n’a pas demandé le divorce. Dans la majorité des cas, il y a une « victime ». Il faut bien divorcer quand l’autre a quitté le domicile conjugal et qu’il a eu un enfant d’un autre lit, c’est un acte qui protège celui qui « reste » sur bien des plans.
– Celui qui « subit » le divorce devrait être accompagné, aidé.

Nous souhaitons que l’Eglise évolue dans une prise en charge du moment du divorce, qu’elle se préoccupe de soutenir le croyant en détresse, lors de cette rupture, vers un chemin de résurrection. Cet accompagnement serait un temps de réflexion qui mènerait vers une réintégration pleine et entière dans la communauté sans plus de jugement ou condamnation dans le cas d’une seconde union.

– Pourquoi établir un lien si étroit entre le sacrement de mariage (qui n’est pas le sacrement de la nouvelle alliance) et l’Eucharistie en cas d’échec et ne pas considérer de la même manière un lien très étroit entre le sacrement de l’ordre et l’Eucharistie en cas d’abandon de l’état clérical?
– En fait dans le cas du sacrement de l’ordre, il s’agit d’un engagement d’une seule personne devant Dieu alors que dans le cadre du sacrement de mariage, ce sont deux personnes qui sont concernées et donc cela rend cet engagement d’autant plus difficile et/ou aléatoire, l’un pouvant complètement perdre la foi, et ne souhaitant plus recourir au soutien de l’Eglise et que cela engage aussi les enfants qui sont nés de cette union.
– Annulation de mariage : Que ressentiriez-vous si vos propres parents qui vous ont mis au monde, annulaient leur mariage en gommant comme rien, l’amour dont vous êtes issus et rendant votre mère, « mère célibataire » ? Dans l’annulation du mariage, ne trouvez-vous pas beaucoup d’hypocrisie et de
violence ?

Groupe de paroissiens :

Les familles monoparentales :
– Les situations sont différentes mais il s’agit presque toujours d’une femme élevant seule ses enfants. Cependant les difficultés restent les mêmes: financières, dignité en tant que personne, en tant que parent difficile à reconquérir, solitude dans les décisions éducatives, professionnelles, logements au quotidien.
– Situation particulière des gens du voyage.
– Situations différentes selon les quartiers : polygamie, abandon, famille d’origine étrangère avec souvent autant d’enfants que de pères différents et disparus/absents
– Quelle est l’aide que l’on peut apporter ? : Aide financière / Aide de proximité car certes la prière peut être soutien mais la présence physique est précieuse pour soulager concrètement les familles monoparentales (garde d’enfant occasionnelle, écoute et dialogue dans la charge éducative des jeunes, lors de décisions, de problèmes qui sont lourds à gérer seul(e) / Lien physique (pas toujours possible) / Le contact téléphonique ou électronique est parfois très apprécié et précieux selon chaque personnalité. / Associations : leur action très appréciée (plus solide grâce à des formations à l’écoute et au discernement des situations réelles) / Accompagnement sur le logement. / Accueil de familles de réfugiés .
– La responsabilité de l’Eglise et du Chrétien : D’abord accueillir en communauté : être attentif au problème grandissant, comprendre sans juger , privilégier l’écoute et le discernement pour redonner la dignité à la personne concernée et l’espérance dans la joie du vivre ensemble ( la communauté serait comme la famille agrandie). L’accueil c’est nous tous.

Les personnes homosexuelles :
– Les accueillir avec respect et délicatesse.
– Ne pas juger ni exclure des communautés paroissiales.
– L’Eglise reconnaît le dessein de Dieu dans l’union de l’homme et la femme.
– On ne peut réduire la personne homosexuelle à son comportement. Ce comportement l’isole dès le début. Le chemin de la solitude commence souvent à l’annonce à sa famille.
– Ouvrir le regard de l’autre. On prend conscience qu’il faut dépasser cet aspect de l’homosexualité pour reconnaitre à chacun sa part de spiritualité. La foi habite de nombreux homosexuels. Qui sommes-nous, Chrétiens, pour réduire les homosexuels à leur comportement ?
– Reste la délicate question des enfants pour ceux qui en ont .

Les familles éprouvées :
– La messe dominicale peut être d’un grand soutien quand la communauté est prête à s’ouvrir à ses voisins.
– Visiter les personnes éprouvées, les écouter, leur parler. (Des groupes paroissiaux sont en place qui font un travail précieux d’accueil et de présence (café accueil et accueil)).
– Demander au Seigneur de trouver les paroles qui pourront les réconforter.
– Donner un peu de soi à quelqu’un qui a besoin d’une présence n’est pas à sens unique : c’est un échange.

Share