Année sainte de la miséricorde

L’année sainte de la miséricorde voulue par le pape François a débutée le 8 décembre 2015 et s’achèvera le 20 novembre 2016.

“Miséricorde”: le mot n’est pas vraiment désuet : il signifie “avoir le cœur (cor) auprès des pauvres (miseri). Autrement dit, du pain sur la planche, dans notre monde !

A Paris, 8 églises permettent de faire un pèlerinage et de passer une porte sainte tout au long de l’année


POUR TOUT PARIS :
voici un lien fort utile vers le site du diocèse qui présente l’année sainte de la miséricorde :
http://www.paris.catholique.fr/-annee-sainte-de-la-misericorde-.html

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POUR SAINT JEAN DE MONTMARTRE :

Avec le Conseil paroissial pastoral (CPP), nous avons décidé de consacrer plusieurs dimanches aux “œuvres de miséricorde” qui sont :
* donner une sépulture aux morts,
* alimenter l’affamé,
* donner à boire à celui qui a soif,
* vêtir celui qui n’a rien à se mettre,
* visiter le prisonnier,
* donner un logement à celui qui demeure sans toit,
* visiter les malades…

Pour chacun de ces dimanches, un membre du Conseil préparera la prière universelle de notre assemblée en fonction de l’une des ces œuvres de miséricorde et introduira un témoin pour “donner de la chair” à cette œuvre de miséricorde; il s’agit de montrer comment, aujourd’hui, dans notre communauté, des baptisés sont actifs pour accomplir l’une de ces œuvres.

* le 17 avril : “donner à boire à ceux qui ont soif”, avec un témoin du groupe Biblique (ceux qui ont soif de la Parole de Dieu ! )
* le 22 mai : “Donner une sépulture”, avec un témoin du groupe “familles en deuil” qui aide les familles à préparer les obsèques
* le 29 mai : “nourrir ceux qui ont faim”, avec un témoin du “Café accueil”, apportant chaleur humaine et accueil sans jugement auprès des personnes sans domicile qui en ont tellement faim !
* le 12 juin : “Visiter les malades”, avec un témoin d’une aumônerie d’hôpital

* la suite à la rentrée de septembre 2016….

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Année de la miséricorde : « donner à boire à ceux qui ont soif »
Dimanche 17 avril 2016

Le Conseil pastoral nous propose pendant cette année de la Miséricorde de consacrer certains dimanches à approfondir les différentes œuvres de miséricorde en ouvrant les significations de chacune d’entre elles tout en les ancrant dans notre quotidien.
C’est ainsi qu’aujourd’hui les membres du conseil pastoral ont demandé à une des participantes du groupe “Bible En Main” (BEM) de nous aider par son témoignage et sa réflexion, à mieux comprendre le sens de l’œuvre de miséricorde « donner à boire à ceux qui ont soif »
Bible en main, ceux sont des personnes de notre paroisse, de tout âge, qui se retrouvent pour partager et échanger sur la Bible et surtout l’Évangile. Nous cherchons à nous réapproprier ces textes avec nos mots d’aujourd’hui, à rendre l’Évangile actuel.

Ai-je soif ?
Ai-je vraiment soif, ai-je vraiment assez soif du Christ pour ne pas rester au pourtour, me contenter des rituels mais aller à Lui me désaltérer à la Source Vive ?
Seigneur, donne-moi, donne-nous de ressentir ce besoin de venir à Toi

De quoi ai-je soif ?
Dans l’adversité, dans les moments d’angoisse, dans les confusions de ma vie, je me sens comme dans un désert aride, ma soif spirituelle, ma soif de justice, ma soif de reconnaissance ne peuvent être apaisées que lorsque je prie Jésus Christ de me garder près de Lui.
Seigneur, Tu as dit : « Si vous restez attachés à moi et si mes paroles restent en vous, demandez ce que vous voulez et vous l’aurez »

Comment puis-je soulager la soif des autres?
Nombreux sont ceux qui mettent en application sans même le savoir les commandements de Jésus-Christ par un sourire à l’autre, une écoute, un échange véritable, des soins tant dans leur travail, dans leur bénévolat, en famille ou dans notre assemblée du dimanche.
Seigneur, donne-nous de rester source fraiche et désaltérante dans Ta présence.

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Année de la miséricorde : “donner une sépulture”
Dimanche 22 mai 2016

Le mois dernier, à l’occasion de l’année jubilaire de la miséricorde, nous avons évoqué « l’œuvre de miséricorde » qui consiste à donner à boire à ceux qui ont soif. Aujourd’hui c’est « l’œuvre de donner une sépulture » qui va nous inviter à la prière. A St Jean nous sommes une petite équipe chargée d’accueillir les familles en deuil. C’est une tâche très concrète, puisqu’il s’agit d’organiser dans le détail la célébration des obsèques selon le désir des proches du défunt, mais c’est aussi pour eux une occasion de revenir sur leurs relations avec celle ou celui qu’ils ont perdu. Pour nous, cela permet de renouer un dialogue avec des personnes qui se sont quelquefois éloignées de l’Eglise. Joëlle, qui fait partie de cette équipe depuis plusieurs années, va maintenant vous dire quelques mots :

Le décès d’un proche est toujours un moment difficile de l’existence. Nous sommes bien souvent désemparés, avec pour certains, la difficulté à accepter l’inéluctable.

– Comment puis-je donner du réconfort ?

Que ce soit dans notre famille, notre quartier ou ailleurs, ce dont ont besoin les personnes que nous rencontrons, c’est une attention face aux épreuves qu’elles traversent, aux fardeaux qu’elles portent.
Dieu qui est le Dieu de toute consolation, nous charge de faire notre “part” en apportant notre réconfort aux autres.
Seigneur, fais de nous des témoins de ta miséricorde et de ta tendresse, en particulier envers celles et ceux qui sont opprimés par les souffrances, les injustices et les abus.

– Pourquoi donner une sépulture à nos défunts ?

D’abord pour leur rendre hommage et témoigner de ce qu’ils ont été pour chacun de nous.
C’est aussi pour reconnaître la dignité de la personne humaine et pour nous chrétiens, réaffirmer à la suite de l’Evangile que la vie auprès de Dieu est plus importante que la mort corporelle, que nos défunts continuent de vivre mais d’une manière transformée.
Dieu de miséricorde, donne-nous la force de surmonter l’épreuve de la mort lorsque nous sommes touchés en plein cœur par la disparition d’un proche ou d’un ami.
Donne-nous d’être des soutiens fraternels dans ces moments douloureux.

– Pourquoi prier pour les morts ?

Il est important de rappeler que nos défunts ne sont pas effacés de nos mémoires, comme s’ils n’avaient jamais existé. Chaque vie a du prix.
Pour nous chrétiens, prier pour eux est un acte de foi fondamental. C’est affirmer que celui qui meurt, n’est pas réduit à rien.
C’est aussi un acte de charité car nous nous demandons au Christ de l’accueillir, nous le confions aussi à la prière de la Vierge Marie et à tous les saints. Nous savons qu’en vertu de la communion des saints, notre prière est utile.
C’est enfin un acte d’espérance car nous comptons sur la miséricorde et la fidélité de Dieu qui jamais ne déçoit.
Seigneur, accorde à celles et ceux qui ont quitté cette terre, la joie d’être avec toi et à nous, qui sommes ici-bas, la force de faire de notre vie, une marche vers ton royaume.

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Année de la miséricorde : ” nourrir ceux qui ont faim”
Dimanche 28 mai 2016

Tout a commencé au resto du Cœur, il y a presque 25 ans. Parmi les personnes qui venaient chercher des provisions, certaines, celles que l’on voit sans les regarder, à qui on ne parle pas… les « gens de la rue », n’avaient personne avec qui partager. Sans rien demander, elles avaient besoin d’autre chose. On les a fait entrer, s’asseoir… On leur a servi à déjeuner, on a entamé la conversation, et la relation s’est créée …

Seigneur aide nous à regarder chacun comme un véritable être humain.

Depuis bientôt cinq ans, le café-accueil est hébergé à Saint Jean. Une communauté s’est créée entre les amis accueillis et les bénévoles : on s’appelle par son prénom, on échange des nouvelles, on partage ses soucis, ses joies, on fête les anniversaires… Il y a quelques semaines, un de nos amis nous a avoué que c’était la première fois qu’on lui souhaitait son anniversaire ! On joue aux cartes ensemble, on se repose…

Presque chaque année, le Café Accueil organise une sortie. Actuellement ce qui plait, c’est d’aller déjeuner à table dans une guinguette en bord de Marne et s’enchaîner en dansant au son de l’accordéon.

Merci Seigneur de nous aider à rendre à chacun sa dignité.

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Année de la miséricorde : “visiter les malades”
Dimanche 12 juin 2016

Vivre la miséricorde au côté des malades, c’est par exemple se tenir à côté d’eux.
C’est écouter leurs attentes qui ne sont pas toutes les mêmes. A l’hôpital les patients et leurs proches sont souvent dans l’attente, l’attente des effets positifs des traitements pour améliorer la santé, pour atténuer la douleur, pour consolider la cicatrisation.
C’est aussi l’attente des examens qui ont été prescrits mais pour lesquels il faut prendre son tour, après les urgences, jusqu’au milieu de la nuit parfois…
C’est l’attente parfois de la disparition de symptômes gênants, physiques comme la douleur mais aussi psychiques comme les hallucinations.
C’est l’attente terrible d’une greffe comme ultime réponse pour continuer le chemin au milieu des siens. L’attente du retour à une vie autonome, de revoir les siens, de reprendre des activités qui tiennent à cœur.
Pratiquer la miséricorde c’est s’identifier à un DIEU fidèle qui demeure auprès de nous, même si nous en sommes détournés, un Dieu touché par nos faiblesses jusqu’à souffrir avec nous.
Agir pour l’autre, malade ou blessé, c’est le remercier d’exister. C’est être là, à côté de lui, simplement. En somme, c’est faire comme Dieu le fait à notre égard à tout moment, en toute discrétion. Les gestes de miséricorde nous font sortir de nous même.
Il ne faut pas attendre d’être un Saint pour aider les autres. On peut commencer tout de suite, à notre mesure, avec ce qu’on est, avec sa culture, ses talents et son humanité.
Ce qui se passe alors dans la relation avec la personne malade ne nous appartient plus.
L’esprit Saint est à l’œuvre nous ne sommes que des passeurs…

Seigneur, tu nous as donné de vivre des rencontres avec les personnes malades, âgées ou handicapées, aide-nous à poser sur chacune d’elles un regard de bienveillance. Que l’Esprit Saint nous inspire les mots qui accompagneront leur espérance.
SEIGNEUR NOUS TE PRIONS.

Seigneur, tu nous as donné d’être à l’écoute des familles dans l’angoisse ou en souffrance,
aide-nous à poser sur chacune d’elle un regard de tendresse fraternelle dans lequel elles pourront trouver un apaisement.
SEIGNEUR NOUS TE PRIONS.

Seigneur, tu nous as donné d’échanger avec le personnel soignant et tous les visiteurs , bénévole d’associations ou proches aidants, aide-nous à être attentifs et encourageants à tous ceux qui œuvrent tous les jours auprès des malades.
SEIGNEUR NOUS TE PRIONS.

Seigneur, tu nous donne conscience qu’à côté de nous vivent des personnes dont l’état de santé maintient loin de notre communauté, ouvre nos yeux à leurs attentes et à leurs besoins. Rappelle nous de les porter sans relâche dans nos prières
SEIGNEUR NOUS TE PRIONS.

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Année de la miséricorde : “donner un toit à ceux qui n’en ont pas”
Dimanche 25 septembre 2016

L’association “Abbesses Frat” crée il y a 22 ans, vient en aide aux personnes en situation de précarité en recherche d’un logement. Elle loge actuellement 16 familles dans 14 appartements loués et deux dont elle est propriétaire…

Seigneur, nous te remercions pour la fidélité de 30 de nos cotisants qui nous soutiennent depuis 22 ans. Merci pour les propriétaires qui nous ont confiés leur appartement à louer, merci pour ceux qui mettent leurs compétences à notre service : avocat, assistante sociale, conseillers juridiques, artisans…

Merci Seigneur pour tout ce que nous recevons : le sourire et les éclats de joie d’une maman de 3 enfants vivant en hôtel, lorsqu’elle apprend qu’elle va avoir un deux pièces, ou encore d’anciens locataires qui s’impliquent dans une association. Aide-nous Seigneur à nous engager en méditant ces propos du Père Moussé :
Il y a ceux qui font quelque chose,
Il y a ceux qui ne font rien,
Il y en a trois qui font quelque chose,
Il y en a 10 qui font des conférence sur ce que font les trois,
Il y a en 100 qui font des conférences sur ce que disent les 10,
Il arrive que l’un des 110 vienne expliquer la manière de faire à l’un des trois !
Alors l’un des trois,
intérieurement s’exaspère, extérieurement sourit,
Mais il se tait, car il n’a pas l’habitude de la parole,
D’ailleurs il a autre chose à faire !


Année de la miséricorde : “Vêtir ceux qui sont nus”

Dimanche 16 octobre 2016

Dans notre pays, nombreuses sont les œuvres caritatives, laïques ou religieuses,  vêtant ceux qui n’ont rien ou si peu à se mettre, rendant un réel service autant à celui qui reçoit qu’à celui qui donne.

Mais nous voudrions en témoignant de notre action auprès des migrants aller au-delà du vêtement. C’est en effet de besoins  fondamentaux auxquels sont confrontés les personnes déplacées par les conflits et se retrouvant soudainement plongées sans attaches ni repères dans un univers culturellement si étranger au leur. Ces migrants, on le sait trop bien, ont les plus grandes difficultés pour trouver un toit et donc scolariser leurs enfants, communiquer dans notre langue, se nourrir tout simplement et à terme trouver une terre d’accueil leur permettant de se reconstruire humainement. C’est bien au cœur de notre engagement dans le Secours Catholique que la phrase de l’évangile nous demandant quand nous avons vêtu celui qui était nu, résonne particulièrement.

Voilà ce que m’inspire ce thème : Je viens d’une famille nombreuse, nous étions six enfants à la maison et dans les années 50, il fallait partager…Partager pas toujours de gaîté de cœur…les tartes n’étaient jamais assez grandes et les autres semblaient toujours mieux servis..mais c’était comme ça…et je me rends compte combien  cette valeur m’a façonnée. On partage…

Il y a Saint-Martin avec son grand manteau, tout d’une pièce, sûrement en drap fin…Avait-il envie de le couper en deux ? Mais il l’a fait…Il a partagé et il y en avait pour deux : il n’a pas laissé son frère mourir au bord du chemin.

Alors, oui on partage, on donne aux œuvres, on fait ce qu’on peut mais que dirai-je au Seigneur au jour du Jugement ? Qu’ai-je partagé de mon essentiel ? Qu’ai-je donné qui me tenait à cœur, quand ai-je fait la démarche de me détourner de mon chemin pour aller au secours de celui qui n’a rien ?

« J’étais nu et vous m’avez habillé » lit-on dans l’Evangile de Mathieu ( 25, 31-46).  Et nous qui avons reçu aussi le sourire dans la tristesse, le coup de main dans la détresse, le prêt quand les temps étaient difficiles…Alors on partage ?

Prions donc ensemble pour que, chacun à notre niveau et dans notre entourage, nous portions le souci de l’ouverture aux autres, d’où qu’ils viennent et particulièrement aux plus démunis en cette année de la miséricorde. Prions ainsi pour qu’individuellement et collectivement nous accueillions ceux qui sont nus.

Merci Seigneur de ton appel à partager avec ceux qui sont dans le besoin.

 

 


Année de la miséricorde : “Visiter ceux qui sont en prison”

Dimanche 20 novembre 2016

En ce jour de la clôture de l’année de la miséricorde je suis heureuse de prier avec vous.

Visiteuse de prison depuis de nombreuses années, il m’a été donné, ces derniers temps, de rencontrer et d’accompagner Ahmed, musulman, d’abord à l’hôpital pénitentiaire, ensuite au grand quartier de la prison de Fresnes.

Poursuivi par la police Ahmed a été gravement blessé à la colonne vertébrale. Il dit : « Pourquoi ont-ils continué à me frapper avec leurs pieds, à me traîner par terre en me tirant par les cheveux, alors que j’étais immobilisé, que je souffrais atrocement et que je croyais que ma dernière heure était arrivée ? »

Quand il arrive à l’hôpital de la prison il est en fauteuil roulant, paralysé désormais des membres inférieurs et souffre beaucoup. Il est plein de colère, de révolte et de haine.

Peu à peu il s’est laissé regarder, aimer, transformer et pardonner par Dieu qui est miséricordieux et clément, comme il dit. Il accueille l’amour de Dieu et arrive peu à peu à pardonner lui aussi. Il découvre en lui forces et énergies nouvelles. Cela se traduit aussi dans la relation très positive et fraternelle avec les codétenus et le personnel pénitentiaire.

« Aujourd’hui j’ai une nouvelle vie et je n’ai jamais ressenti un bonheur aussi grand malgré mon handicap et mes souffrances physiques. Je vis avec Dieu et j’ai retrouvé la paix » ; Il partage tout avec sa sœur qui à son procès témoigne : « Mon frère est devenu un autre homme. » 

Jésus, dans l’Evangile de ce jour, tu nous offres ces paroles magnifiques sur la croix : « Père, pardonne-leur. » et au bon larron : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Toi qui aimes chacun de nous, tel qu’il est, quoi qu’il ait pu faire, ouvre notre cœur pour accueillir ton Esprit d’amour. Qu’il nous donne de croire, nous aussi, qu’en chacun de nos frères une source de vie peut rejaillir, permettre de se relever. Que ton pardon traverse notre cœur pour pardonner à notre frère et lui donner une nouvelle  chance et un avenir.

Garde les portes de notre cœur, de nos familles, de nos églises grandes ouvertes pour être ensemble comme des frères aimés par le Père. Lui nous accueille comme ses fils.

Merci, Seigneur, pour la belle mission de miséricorde que tu confies à chacun d’entre nous.

 

 

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