Dimanche 24 Mai
La vie continue ou l’art de glorifier le quotidien…

Livre des Actes des Apôtres 1,12-14.

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.
À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Psaume 27(26),1.4.7-8.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

Première lettre de saint Pierre Apôtre 4,13-16.

Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.
Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur.
Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,1b-11a.

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»
 

LA VIE CONTINUE OU L’ART DE GLORIFIER LE QUOTIDIEN…
 
La liturgie de ce dimanche débute par un court passage des Actes des apôtres qui, après la glorieuse montée du Fils vers le Père que nous venons tout juste de fêter lors de la solennité de l’ Ascension, ne nous met pas franchement dans un état de transe spirituelle !
 
Après le retour de Jésus à son Père, on y voit les apôtres repartir à Jérusalem pour se retrouver au Cénacle, en compagnie de Marie et de ses frères. La transition est brutale qui nous fait passer d‘un événement exceptionnel, l’Ascension, à l’ordinaire du quotidien !
 
Si l’on scrute les évangiles, les exemples ne manquent de situations analogues, telles la guérison du fameux paralytique de Capharnaüm (Mc 2, 1-12 ) qui, après d’interminables années passées sur son grabat, se voit miraculeusement guéri, et auquel Jésus ordonne sur le champ de prendre son lit de misère et de retourner chez lui, c’est-à-dire en termes clairs de ne pas Le suivre, mais de vaquer à ses occupations domestiques, alors que le Christ vient de laisser éclater sa toute puissance devant une foule médusée !
 
Notre texte du jour (Ac 1, 12-14) nous dit cependant des choses fondamentales pour notre vie de foi, et notamment que la prière ne saurait être mise au rang des obligations à honorer, uniquement pour être en règle avec Dieu. La prière, ce doit être beaucoup plus que cela : c’est un élan vers Dieu qui doit s’épanouir en un véritable dialogue avec notre Créateur, même si parfois – souvent?- , soyons honnêtes, nous traînons les pieds car cet élan n’est pas spontané en nous !
 
S’il y a une phrase qui doit nous interpeller dans ce début des Actes, c’est bien : ” Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière”, tant elle met l’accent sur l’unité dans la prière, qui trouve sa plus forte expression dans le Notre-Père.
 
Un autre enseignement peut, nous semble-t-il, être tiré de cette première lecture : l’heure n’est pas encore venue d’être dans la béatitude éternelle, et les apôtres, qui retournent spontanément à Jérusalem, semblent l’avoir compris. Jésus est parti certes, mais son départ physique de notre planète emporte avec Lui des trésors de promesses dont nous savons de façon indiscutable qu’elles seront tenues, car Il est fidèle Celui qui affirme cela (cf. Jn 14, 2-3). Notre bonheur sera d’autant plus grand au Ciel que notre attente aura été nourrie sur terre, notamment par ces trois piliers de la vie chrétienne: l’aumône, le jeûne et la prière.
 
Que chacun de nous ait conscience que ce temps de désert et d’éloignement qui est le lot de notre condition terrestre trouve sa consolation la plus haute dans cette phrase sublime qui conclut l’évangile de Matthieu :” Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps”.
 
Daniel ZANCHI
 

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