Catéchuménat

“Catéchuménat” : ce mot peut ne rien dire à certains…

Le Catéchuménat permet d’accueillir et d’accompagner les adultes qui font une démarche et une demande pour recevoir un sacrement : le Baptême, l’Eucharistie, ou la Confirmation ou tous les trois ensemble.

Toute demande de sacrement doit être préparée par un temps plus ou moins long de découverte, de réflexion et d’approfondissement.

Il revient à la Paroisse, dans la mission reçue de l’Église, d’assumer cette tâche sur le plan local. Le Catéchuménat permet de ne pas rester seul et de prendre sa place dans une communauté chrétienne. Il est le début de l’initiation à la vie chrétienne.

Pour ce faire notre paroisse est composée d’une Équipe Catéchuménale qui a pour mission de témoigner de sa foi et de la transmettre. L’équipe constituée est fraternelle, elle a la mission et le désir d’annoncer l’Évangile.

Tout Catéchumène est accompagné, dans son cheminement, par un membre de notre communauté chrétienne. Mais chacun, par la prière et la qualité des contacts, est responsable d’accueillir les adultes qui font une démarche catéchuménale.

Le catéchumène est donc accompagné à trois niveaux :

* par un accompagnateur personnel (les membres de ce tandem fixent eux-mêmes leurs rencontres)

* par les soirées qui regroupent tous les accompagnateurs et tous les catéchumènes

* par la communauté rassemblée pour la messe dominicale.

 

La progression du catéchumène est ponctuée d’étapes célébrées en Église, c’est-à-dire dans la communauté paroissiale :

* l’entrée en catéchuménat quand le moment de la demande publique est venue.

* la signation qui consiste à tracer le signe de la croix du Christ sur une ou plusieurs parties du corps. Etape souvent accompagnée d’une remise de l’Évangile.

* l’appel décisif par l’évêque durant le Carême qui précède le baptême,

la célébration du scrutin. (une étape pour rappeler la miséricorde de Dieu)

Des enfants ou des jeunes, qui ne sont plus bébés et pas encore adultes peuvent demander un sacrement, comme le baptême, l’eucharistie ou la confirmation. Il leur est d’abord demandé de ne pas rester seuls et de rejoindre le catéchisme, l’aumônerie des collèges ou un autre groupe adapté à leur âge… Ils avanceront et se prépareront dans ce cadre, et suivront les mêmes étapes que les adultes au sein de la communauté rassemblée le dimanche.


Témoignage de  Guilhem, baptisé à st Jean de Montmartre :

A l’occasion de la célébration de la nuit pascale, en mars 2013, au cours de laquelle avait lieu le baptême de deux autres adultes, il a été demandé à Guilhem de donner son témoignage sous la forme : que s’est-il passé pour lui depuis deux années ?

Comme Anthony, comme Peter, Il y a deux ans, au cours de la nuit de Pâque, j’ai eu la joie immense de recevoir le baptême. Ici. A Saint Jean.
Deux ans ! Déjà. Que s’est il passé depuis ? Que c’est court deux ans ! Le temps d’un éternuement de Papillon…
Oui, Depuis je me suis marié. Avec Narjes, femme incroyable, de foi musulmane. Narjes que j’ai rencontrée alors que j’étais déjà sur le chemin du baptême. Cet amour me donne de vivre ma foi avec d’autant plus d’intensité. D’exigence et de partage aussi.
Je peux témoigner de la force de ce christianisme qui sait accueillir l’autre, dans sa différence. Narjes et moi nous sommes mariés ici à Saint Jean. Des Sourates du Coran ont été lues dans cette église !
Je veux dire mon admiration pour cette Paroisse qui sait écouter l’autre dans sa différence, sans pour autant s’oublier, ni se dévoyer. Car s’il est vrai que la foi peut déplacer des montagnes, l’écoute et la tolérance donnent aussi des ailes pour les gravir.
Et puis nous attendons un enfant que Dieu nous donnera, j’espère, pour les premiers jours de l’été. Narjes serait avec nous ce soir de Pâques, si la grossesse n’exigeait pas qu’elle restât alitée chaque instant.

Vous voyez, depuis le baptême, le quotidien a changé.
Et pourtant, rien n’est si différent : je suis toujours en chemin, avec mes petits égoïsmes et mes moments de courte vue. Je continue à trouver de bonnes excuses pour ne pas dégager plus de temps et servir autour de moi.
Tout est pareil … mais quelque chose a changé.
Cette envie de dire Merci. Ce petit air de musique qui accompagne mes journées, Cette petite mélodie que je serre dans ma poche. Qui est bien là et que j’ai envie de chantonner avec les autres. Je l’avais déjà entendu cet air. Mais il est là. Tout le temps, là !

Pour finir, je veux partager avec vous deux instants qui ont une saveur nouvelle :
Ce moment de la messe lorsque l’on se donne la paix du Christ, moment où nos mains se croisent, se touchent, se reconnaissent, dans un monde ou chacun évite chacun.
Enfant, je m’arrangeais toujours pour être bien encadré. Entre mes parents ou mes sœurs. Surtout : ne pas avoir à donner la main à un inconnu. J’appréhendais. Je fuyais, soyons clairs, cet instant de partage.
Aujourd’hui, je suis presque gourmand de ce moment. Donner un peu de chaleur. En prendre aussi. Partager ce sentiment d’être frère.
Le deuxième instant au fort goût de baptême, c’est la communion. A deux reprises, j’ai aidé Alexis, puis Jean : j’ai accompagné et porté la coupe, là, au bout de l’allée. Accompagner pour donner la communion.
Et dans la succession des visages, dans la profondeur des sourires, dans la force des regards de vous tous qui avancez pour prendre l’hostie et partager le repas du Christ, j’ai touché en moi une émotion nouvelle. Dans cet instant incroyable, j’ai senti la force du baptême et le souffle de vie dont me parlait Martine, mon accompagnatrice, et l’équipe du Catéchuménat alors que je me préparais sur mon chemin.
J’ai senti dans ma chair, cette connexion à la fois verticale et cette force aussi, horizontale, celle d’une foi qui se vit avec les autres. Enfant, je me bricolais du religieux, dans mon coin, seul. Je comprends avec le baptême la force de partager. Ensemble. D’être en Eglise.